Rien ne servira contre ceux qui parlent.
Les usages réels de l’IA générative ne se déclarent pas à sa hiérarchie : ils se racontent à un tiers, sous condition de confiance. Ce document écrit la condition. Il s’adresse à trois lecteurs, et chacun d’eux le lit en entier. Au collaborateur, il nomme ce qui le protège avant qu’il parle. À la structure, il énonce ce qu’elle n’obtiendra pas, et pourquoi c’est son intérêt. À l’intervenant, il fixe ce qu’il ne peut pas faire, même si on le lui demande. L’encadrant est deux de ces lecteurs à la fois : à lui, qui répond deux fois, il dit ce que son second rapport lui rend, et ce qu’il ne lui rend pas.
Ce n’est pas un document interne. Il est publié, il s’annexe au contrat, et une personne interrogée peut le lire avant l’entretien et s’en réclamer après. C’est cette opposabilité qui fait la différence entre une intention et une règle.
01Le principe
Un seul, dont tout le reste se déduit.
Rien de ce qui se dit en entretien ne peut servir contre la personne qui l’a dit.
KiXiT Ai est payé par la direction et protège le collaborateur. Cette asymétrie n’est pas un compromis inconfortable, c’est le produit lui-même. Une structure qui obtient les noms obtient des réponses fausses : elle aura payé pour un questionnaire RH, exactement ce que la démarche remplace. La déontologie n’est donc pas une précaution morale ajoutée à la méthode. Elle est la condition technique de la qualité de la mesure.
02Ce qui ne remonte jamais
Ni pendant la mission, ni après, ni sous une autre forme, ni en réponse à une demande insistante.
- Le nom associé à un usage. Ni le nom, ni l’initiale, ni la fonction quand une seule personne l’occupe.
- Le gain individuel attribué. Dire que telle personne économise deux heures par jour transforme une confidence en objectif de poste. C’est le renseignement le plus demandé et le plus systématiquement refusé.
- Ce qu’une personne a répondu. La structure qui lance un questionnaire a donné les adresses et suit sa collecte : elle voit qui a répondu et qui reste attendu, parce qu’elle relance, et parce que c’est cette réponse qu’elle a payée. Ce qu’elle ne voit jamais, c’est le contenu : ni une réponse, ni un extrait, ni une note. À l’entretien, seul le taux de participation se donne, et qui est venu ne se dit pas.
- Ce qui relève de l’appréciation des personnes. Jugements sur la hiérarchie, sur les collègues, sur l’ambiance. Ce n’est pas le sujet de la mission, et c’est précisément ce dont la retenue achète la confiance sur le reste.
- Les usages hors travail. Ils se racontent souvent, parce qu’ils expliquent la compétence. Ils ne sortent jamais de l’entretien.
- Le verbatim reconstituable. Une citation exacte peut identifier son auteur par un détail de contexte. Dans ce cas elle est reformulée : le sens reste fidèle, la formulation change. Un verbatim qui ne peut pas être rendu anonyme ne sort pas.
- Ce qu’un encadrant répond sur les personnes qu’il encadre. Son second questionnaire ne remonte ni à sa direction ni à son équipe : il ne sert qu’à son propre vis-à-vis.
03Le seuil d’agrégation
Anonymiser ne suffit pas dans une petite structure. Il faut un seuil.
Rien de ce qui revient à la structure ne se restitue séparément en dessous de cinq personnes. Un service de trois personnes ne reçoit pas son propre résultat : il se fond dans un ensemble plus large, ou il ne sort pas. Ce seuil vaut pour le rapport de la structure et pour celui de chaque service.
Un seul document se lit sous ce seuil, et il ne revient pas à la structure : le vis-à-vis de l’encadrant. Il pose les réponses d’un encadrant sur les personnes qu’il encadre à côté de ce qu’elles ont déclaré, et il ne lui donne d’elles que le sens et l’ampleur de l’écart : jamais leurs réponses, jamais une répartition, jamais une personne. Il lui est rendu à lui seul, et rien de ce qu’il y lit ni de ce qu’il a répondu ne remonte à sa direction. Dans un périmètre très petit, le sens d’un écart peut laisser deviner une réponse : nous le disons ici plutôt que de le taire, et c’est pour cela que ce document ne sort jamais des mains de celui qui encadre déjà ces personnes.
Aucun croisement qui reconstitue un individu. Service, ancienneté, niveau d’usage, métier : deux critères combinés suffisent souvent à désigner quelqu’un dans une structure de vingt personnes. La règle porte sur le résultat, pas sur l’intention.
Ce seuil se relève selon le contexte, il ne se baisse jamais. Il se dit à la structure avant la mission, parce qu’il détermine la finesse de ce qu’elle recevra et qu’une attente déçue en fin de parcours est un conflit évitable.
04Ce qui est restitué, et à qui
À la personne, sa propre fiche, et en premier. Le diagnostic individuel appartient à celui qui l’a passé. Il le reçoit avant la structure, et il est le seul à recevoir son résultat nominatif.
Au service et à la direction, l’agrégat. Des usages, des mécanismes, des besoins, des conditions de remontée. Des situations, jamais des personnes.
À l’encadrant, son vis-à-vis, et à lui seul. Son regard sur les personnes qu’il encadre, à côté de ce qu’elles ont déclaré, réduit à l’écart et à son sens. Il ne désigne personne et ne sert à évaluer personne : l’encadrant qui le reçoit est tenu par les mêmes engagements que sa structure.
Ce qui circule dans le corpus KiXiT Ai. Les observations alimentent le baromètre et les travaux publiés, sous forme anonymisée et agrégée, sans nom de personne. Cela se dit à l’entretien, ce n’est pas une clause qu’on découvre après.
05Ce que le collaborateur peut refuser
Cinq droits, sans avoir à se justifier, et sans qu’aucun refus ne soit signalé à quiconque.
- Ne pas venir. L’entretien ne se refuse pas à sa hiérarchie, il se refuse à KiXiT Ai, et cela ne remonte pas. Ne pas répondre au questionnaire se voit, lui, de la structure qui l’a envoyé : elle sait qui reste attendu, jamais pourquoi, et elle s’engage à n’en rien faire.
- Ne pas répondre à une question, et continuer l’entretien.
- Retirer un propos, pendant l’entretien ou jusqu’à la restitution.
- Refuser qu’un exemple précis serve, même rendu anonyme, s’il lui semble le désigner.
- Demander ce qui a été noté sur lui, et l’obtenir.
Ces droits se disent en ouverture d’entretien, à voix haute, en trente secondes. Pas dans un formulaire qu’on signe : un document qu’on fait signer avant de parler installe une méfiance, il ne la lève pas.
06Ce que la structure accepte en signant
Trois engagements, portés au contrat, énoncés au premier rendez-vous.
- Elle n’obtiendra pas de noms. Ni pendant, ni après, ni à titre de curiosité bienveillante. Elle ne recevra pas non plus le vis-à-vis de ses encadrants : il est à chacun d’eux.
- Elle ne tirera rien de la participation. Qui a répondu à son questionnaire et qui reste attendu, elle le voit, pour relancer : ne pas répondre n’a aucune conséquence pour la personne. Et elle ne demandera pas qui est venu à un entretien.
- Elle n’utilisera pas la restitution comme élément d’évaluation individuelle. Ni entretien annuel, ni prime, ni sanction, ni réorganisation nominative fondée sur ce qui en ressort.
Le refus de l’un de ces trois points arrête la mission. Ce n’est pas une posture : sans eux, la donnée collectée est fausse, et KiXiT Ai vendrait un résultat qu’il sait faux.
Ce que la structure gagne en l’acceptant. La seule chose qu’aucune enquête interne ne produira jamais : ce que les gens font réellement.
07Ce qui engage l’intervenant
Toute personne qui écoute pour le compte de KiXiT Ai est tenue par ce document. Il s’annexe à son contrat, quel que soit son statut.
- L’engagement n’a pas de durée. Il survit à la fin de la mission et au départ de l’intervenant du cabinet.
- Aucun propos individuel ne sert d’argument commercial. Ni pour vendre la suite, ni en conférence, ni dans un contenu publié, même sans le nom.
- L’intervenant note ce qui sert la mission, pas ce qui sert la connaissance des personnes.
- Un intervenant qui a un lien personnel avec la structure ou avec une personne interrogée le signale, et se retire de l’entretien concerné.
08La limite, et ce que nous ne promettons pas
Une déontologie qui promet un secret absolu ment, et se fait prendre une fois.
Si un entretien fait apparaître une situation de danger pour une personne, ou un fait manifestement illégal, l’intervenant ne peut pas s’engager à ne rien en faire. Ce qu’il garantit, c’est de ne rien faire dans le dos de la personne : il le lui dit dans l’entretien, il lui dit ce qu’il compte faire, il l’oriente vers l’interlocuteur qui traite ce sujet et qui n’est pas KiXiT Ai.
Ces situations sont rares et hors du champ de la mission. Elles s’écrivent ici parce qu’une règle qui n’a pas prévu son exception est une règle qui se rompt en silence.
09Comment ce document se dit
Version publiée. Ce document, intégralement, sur cette page et en annexe de contrat.
Version orale, répétée à l’identique en ouverture de chaque entretien individuel.
Ce que vous allez me dire ici n’a pas de nom. Votre direction ne saura ni qui a dit quoi, ni qui est venu, ni qui a refusé de venir. Ce que je lui rendrai, ce sont des usages et des besoins, jamais des personnes. Vous pouvez ne pas répondre à une question, me demander de retirer quelque chose, ou arrêter maintenant. Et votre fiche, vous la recevrez avant tout le monde.
Version courte. Nous ne vous donnerons aucun nom, et c’est pour cette raison que ce que nous vous donnerons sera vrai.
10Ce que ce document ne fait pas
Il ne remplace pas la conformité au règlement sur la protection des données. Base légale, information des personnes, durée de conservation, sous-traitance et droits d’accès relèvent d’un document distinct, publié lui aussi : les données personnelles. La déontologie est plus exigeante que le règlement sur plusieurs points, elle ne le couvre pas.
Il ne fixe pas le protocole d’entretien : ce qu’on demande, dans quel ordre, avec quelle grille. Ce document délimite ce qui est protégé, et non ce qui est cherché. Il ne décrit pas les personnes. Il ne fixe ni l’offre, ni le tarif, ni la forme des restitutions.
Version du 13 septembre 2026 · Révision prévue en février 2027, ou à tout constat de terrain contraire.