Ce que l’IA consomme vraiment,
et ce sur quoi vous pouvez agir.
Trois ressources, cinq niveaux de zoom. On part de la méthode, on descend jusqu’à l’action unitaire, on remonte jusqu’au bilan mondial, et on termine par les seuls chiffres qui servent à décider : ceux du quotidien.
Partie 00
Avant tout chiffre : savoir ce qu’il mesure
Presque toutes les contradictions entre articles viennent des périmètres retenus. Deux chiffres justes peuvent différer d’un facteur 100 et rester tous les deux exacts. Voici, pour chaque ressource, les distinctions à poser avant d’en discuter.
L'eau puisée
Pompée dans le réseau, la nappe ou la rivière. Une large part est restituée, plus chaude et plus salée. C'est le chiffre le plus gros, donc le plus cité.
AIE, Energy and AI, 2025
L'eau évaporée
La part perdue pour le bassin local, partie en vapeur dans les tours de refroidissement. Environ 80 % du prélèvement sur site, contre 10 % pour un usage domestique. C'est le seul chiffre qui compte pour un territoire.
AIE, Energy and AI, 2025 ; part domestique : ADEME, 2024
L'eau de l'électricité
Celle mobilisée pour produire le courant, plus celle de la fabrication des puces. Aux États-Unis elle pèse environ 12 fois l'eau du refroidissement : les deux tiers de l'eau du numérique se consomment hors du datacenter.
Lawrence Berkeley National Laboratory, 2024, parc américain
Exemple concret : Google annonce 0,26 mL par requête Gemini, Mistral annonce 45 mL. Facteur 170. Les deux disent vrai : le premier compte le refroidissement, le second y ajoute l'électricité et le matériel.
Ce qui est consommé
415 TWh en 2024, soit environ 1,5 % de l'électricité mondiale. C'est peu, et c'est vrai. Employé seul, ce chiffre sert à minimiser.
AIE, Energy and AI, avril 2025
Ce qui s'ajoute
Environ 10 % de la croissance de la demande mondiale d'ici 2030, et bien davantage dans certains États américains. Employé seul, ce chiffre sert à alarmer. Les deux camps ont raison dans leur phrase.
AIE, Energy and AI, projection 2030
Puissance ou énergie
Un projet annoncé en gigawatts annonce une puissance demandée, et l'énergie se mesure en TWh. RTE constate que les datacenters raccordés depuis deux à trois ans appellent en moyenne 20 % de la puissance qu'ils avaient réservée.
RTE, Bilan prévisionnel 2025-2035
Le gisement d'efficience se trouve dans les salles d'entreprise anciennes : le PUE moyen du parc mondial stagne à 1,56 depuis cinq ans, quand les meilleurs sites tiennent 1,09. Chez les hyperscalers, il est déjà pris.
Le mix électrique décide
Le même serveur émet environ 10 fois plus en Virginie qu'en France : 350 g de CO₂ par kWh contre 41 g. L'écart entre l'entraînement de GPT‑3 (552 t) et celui de BLOOM (25 t), à taille comparable, vient d'abord de là.
Facteurs d'émission : RTE et ADEME 2025, EPA 2024. Entraînements : publications des équipes de recherche, source primaire à reconfirmer
L'énergie grise
Fabrication des puces, des serveurs, du bâtiment. Sa part augmente à mesure que le réseau se décarbone : 46 % du bilan pour un entraînement sur le supercalculateur français Jean Zay, contre environ 20 % sur mix américain.
Travaux publiés sur l'empreinte de l'entraînement sur Jean Zay (GENCI, IDRIS), source primaire à reconfirmer
Market-based ou réel
Les acteurs communiquent en market-based, certificats verts déduits. Chez Microsoft, le scope 2 déclaré descend à 259 kt pendant que le scope 2 réel double vers 10 Mt. Le GHG Protocol révise cette règle en 2026.
Microsoft, rapport annuel de durabilité ; GHG Protocol, révision annoncée pour 2026
Autre piège fréquent : la confusion entre émissions absolues et intensité carbone. Chez Amazon, l'intensité par dollar de vente baisse pendant que le total passe de 64,4 à 68,3 Mt CO₂e.
Global faible, local décisif
C'est la clé de tout le dossier. Les datacenters pèsent 0,015 % de l'eau douce mondiale et 1,5 % de l'électricité, et 38 % du parc américain se trouve en zone de stress hydrique élevé, comme deux tiers des sites lancés depuis 2022. À The Dalles, en Oregon, un seul site représente près de 40 % de l'eau de la ville. Ce qui se joue dans une vallée se mesure à l'échelle de la vallée.
Parts mondiales : FAO AQUASTAT 2022 et AIE 2025. Stress hydrique du parc américain et cas de The Dalles : relevés publics repris par la presse, source primaire à reconfirmer
Trois mécanismes récurrents
- L'extrapolation anciennele « dix fois une recherche Google » croise une déclaration prudente de 2023 et un chiffre de blog de 2009.
- L'erreur non corrigéel'heure de Netflix à 3,2 kg de CO₂ reposait sur une confusion entre bits et octets, facteur 8, reconnue dès 2020. Le chiffre circule encore.
- Le glissement d'unitéune étude mesure 50 cL pour 10 à 50 réponses, la reprise en fait 50 cL par requête.
Les risques réels, ceux dont on parle le moins
Les volumes globaux se relativisent, et les enjeux les mieux documentés se trouvent ailleurs : la concurrence d'usage locale sur l'eau et le foncier ; la pollution chimique des purges de refroidissement, chargées en sels et en biocides ; la fabrication en amont, avec l'eau ultrapure des fonderies (TSMC : 101 millions de m³ en 2023), les PFAS, les solvants et l'extraction minière ; le décalage de calendrier entre un datacenter qui se construit en 24 à 36 mois et un réseau qui se renforce en 5 à 10 ans ; et aux États-Unis, le report de fermetures de centrales fossiles pour absorber la demande.
TSMC, rapport de durabilité 2023 ; délais de raccordement : RTE, Bilan prévisionnel 2025-2035. Report de fermetures : relevés publics, source primaire à reconfirmer
Partie 01
L’IA générative : par action, puis par milliards d’actions
Une requête coûte très peu. Des milliards de requêtes coûtent beaucoup. Les deux affirmations sont vraies, et c’est leur produit qui compte. Base de calcul retenue pour l’heure d’usage : 20 requêtes actives, hypothèse explicite et discutable.
Une heure d'IA générative consomme à peu près l'équivalent d'une gorgée d'eau. L'ordre de grandeur devient significatif à l'échelle de milliards d'heures, et surtout dans le bassin où le site est implanté.
Six wattheures, c'est une ampoule LED allumée quarante-cinq minutes. C'est aussi près de six fois moins que l'ordinateur portable sur lequel vous tapez la requête pendant cette même heure.
Une heure d'IA générative sur le mix mondial équivaut à parcourir environ 13 mètres en voiture thermique. Sur le mix français, un peu plus d'un mètre. L'entraînement de GPT‑3 équivaut, lui, à 64 tours de la Terre en voiture, une seule fois pour l'ensemble des utilisateurs.
L'effet ciseau
- 2023, estimation par déduction≈ 3 Whde Vries, 2023
- 2024, estimations sectorielles≈ 1 Whmoyenne des estimations publiées
- 2025, mesure publiée par Google0,24 WhGoogle, arXiv:2508.15734
Google déclare avoir divisé par 33 l'énergie par requête en douze mois. Dans le même temps, la consommation des datacenters orientés IA a bondi de 50 % sur la seule année 2025. L'efficience unitaire s'effondre, le volume explose, et le total monte quand même : c'est l'effet rebond, et c'est le vrai sujet.
Le dénominateur manquant
Aucun fournisseur ne publie son volume total de requêtes. Sans ce nombre, personne, y compris les auteurs des études les plus sérieuses, ne peut calculer l'impact agrégé réel de l'IA générative. Toutes les estimations globales qui circulent reposent sur des hypothèses de volume.
Seul Google publie sa méthodologie de mesure unitaire. Les chiffres d'OpenAI et de Mistral sont des communications d'entreprise, non auditées : ils se citent pour ce qu'ils sont.
Partie 02
Une heure d’IA face à une heure de vos autres usages
C’est ici que la hiérarchie s’inverse par rapport au discours ambiant. La comparaison n’est honnête qu’à une condition : compter aussi le terminal, car c’est très souvent lui qui domine.
Converti depuis l'électricité au facteur de 2 L/kWh, qui agrège l'eau de refroidissement et l'eau de production électrique. Ce facteur varie fortement selon le mix et le climat : d'un facteur 75 entre un site français et un site en Arizona chez un même opérateur.
Base : 2 L/kWh pour l'eau directe et indirecte, 445 gCO₂/kWh pour le mix mondial. Le terminal est estimé pour un ordinateur portable (35 Wh), un téléviseur (55 Wh), un smartphone (10 Wh) et un PC gaming (400 Wh). Reconstruction explicite à partir des sources primaires.
Converti depuis l'électricité au facteur mondial de 445 gCO₂/kWh. Sur le mix français (41 g/kWh), ces chiffres se divisent par onze. L'heure de streaming à 36 g correspond à l'estimation révisée de l'AIE, celle de novembre 2020.
Le résultat qui surprend le plus
Une heure de jeu sur un PC gaming consomme environ 70 fois plus d'électricité qu'une heure d'IA générative côté datacenter. Une heure de streaming vidéo sur téléviseur, environ 13 fois plus. Et dans les deux cas, l'essentiel se joue dans le salon, pas dans le datacenter. Le poste que l'on montre du doigt est rarement celui qui pèse.
Rapport des valeurs du tableau ci-dessus : reconstruction du cabinet
Et cumulé sur tous les utilisateurs ?
Le classement change encore, parce que le nombre d’utilisateurs et la durée d’usage prennent le dessus sur l’intensité unitaire. Voici la charge des datacenters mondiaux, par famille d’usage.
560milliards de litres par an
- Cloud et informatique d'entreprise35 %≈ 196 Md L
- Streaming vidéo et CDN20 %≈ 112 Md L
- IA générative15 %≈ 84 Md L
- Réseaux sociaux et recommandation10 %≈ 56 Md L
- Recherche et indexation8 %≈ 44,8 Md L
- Stockage, chaud et froid7 %≈ 39,2 Md L
- Courriel, messagerie, visioconférence5 %≈ 28 Md L
Estimation reconstruite à partir des parts de trafic et de charge de calcul : c'est un ordre de grandeur, et le repère IA est le seul ancré sur une source primaire (AIE : 15 % de l'électricité des datacenters en 2024).
415TWh par an
- Cloud et informatique d'entreprise35 %≈ 145,3 TWh
- Streaming vidéo et CDN20 %≈ 83 TWh
- IA générative15 %≈ 62,3 TWh
- Réseaux sociaux et recommandation10 %≈ 41,5 TWh
- Recherche et indexation8 %≈ 33,2 TWh
- Stockage, chaud et froid7 %≈ 29,1 TWh
- Courriel, messagerie, visioconférence5 %≈ 20,8 TWh
Estimation reconstruite à partir des parts de trafic et de charge de calcul : c'est un ordre de grandeur, et le repère IA est le seul ancré sur une source primaire (AIE : 15 % de l'électricité des datacenters en 2024).
180Mt CO₂e par an
- Cloud et informatique d'entreprise35 %≈ 63 Mt
- Streaming vidéo et CDN20 %≈ 36 Mt
- IA générative15 %≈ 27 Mt
- Réseaux sociaux et recommandation10 %≈ 18 Mt
- Recherche et indexation8 %≈ 14,4 Mt
- Stockage, chaud et froid7 %≈ 12,6 Mt
- Courriel, messagerie, visioconférence5 %≈ 9 Mt
Estimation reconstruite à partir des parts de trafic et de charge de calcul : c'est un ordre de grandeur, et le repère IA est le seul ancré sur une source primaire (AIE : 15 % de l'électricité des datacenters en 2024).
Le Bitcoin, absent de tous les débats
Environ 120 TWh d'électricité par an, 2 237 milliards de litres d'eau et 40 Mt de CO₂e, pour un calcul dont l'unique fonction est de sécuriser un registre de transactions. En eau, il pèse quatre fois l'ensemble des datacenters de la planète. En électricité, autant que tous les réseaux télécoms mondiaux. Il apparaît rarement dans les articles consacrés à l'empreinte de l'IA.
Source : Cambridge CBECI 2025, de Vries 2024.
Partie 03
Le numérique face aux autres industries
Dernier dézoom. Sur les trois ressources, le numérique existe dans le bilan mondial, et il y reste un poste parmi d’autres.
4 000km³ par an
- Agriculture et irrigation71 %≈ 2 840 km³
- Usages domestiques et municipaux13 %≈ 520 km³
- Industrie et énergie, hors textile et numérique≈ 14 %≈ 560 km³
- Textile et mode2 %79 à 93 km³
Prélèvements d'eau douce mondiaux. Source : FAO AQUASTAT, 2022. Le textile et le numérique se découpent à l'intérieur du bloc industrie et énergie : le total reste à 100 %. La part « Numérique et datacenters » passe sous 0,5 % : sa barre est tracée au minimum lisible, sa valeur exacte se lit dans la liste.
30 000TWh par an
- Industrie lourde : sidérurgie, chimie, ciment42 %≈ 12 600 TWh
- Bâtiments résidentiels27 %≈ 8 100 TWh
- Tertiaire et commerces, hors datacenters19,5 %≈ 5 850 TWh
- Agriculture et autres usages8 %≈ 2 400 TWh
- Transport, dont véhicules électriques2 %≈ 600 TWh
- Datacenters1,5 %415 TWh
Consommation électrique mondiale, 2024. Sources : AIE, EIA, Ember. Repères qui recoupent ces secteurs et ne s'additionnent donc pas : climatisation ≈ 7 %, pertes du réseau ≈ 8 %, secteur de l'eau ≈ 4 %.
57,7Gt CO₂e par an
- Production d'énergie et d'électricité27 %15,6 Gt
- Industrie, énergie et procédés17 %≈ 10 Gt
- Transport, dont routier aux trois quarts15 %8,4 Gt
- Agriculture, élevage et usage des sols12 %≈ 6,8 Gt
- Bâtiments, usage direct6 %≈ 3,5 Gt
- Déchets, procédés diffus et autres22,5 %≈ 13 Gt
- Datacenters0,5 %≈ 0,29 Gt
Émissions mondiales de gaz à effet de serre, 2024. Source : UNEP Emissions Gap Report 2025. Repères : aviation ≈ 2,5 %, ciment ≈ 3 %, textile 2 à 4 % (le 8 à 10 % qui circule est mal sourcé et contesté).
À retenir : sur les trois ressources, le numérique complet se situe dans le même ordre de grandeur que l'aviation commerciale. C'est un secteur qui compte, et la décision se joue ailleurs.
Partie 04
Où se trouve réellement votre marge d’action
Une heure d’IA générative, placée sur la même échelle que les gestes du quotidien. L’échelle est logarithmique : chaque graduation vaut dix fois la précédente, sans quoi la ligne de l’IA tiendrait dans l’épaisseur du trait.
- 1 h d'IA générative, indirecte incluse0,025 litres≈ une gorgée
- 1 h de streaming vidéo HD0,154 litres≈ un verre à liqueur
- 1 chasse d'eau6 litres≈ 240 h d'IA
- 1 cycle de lave-linge50 litres≈ 2 000 h d'IA
- 1 douche de 5 minutes60 litres≈ 2 400 h d'IA
- 1 steak de bœuf de 100 g1 500 litres≈ 60 000 h d'IA
- 1 tee-shirt en coton2 700 litres≈ 108 000 h d'IA
- 1 jean7 500 litres≈ 300 000 h d'IA
litres, échelle logarithmique : chaque graduation vaut dix fois la précédente.
Une heure d'IA générative consomme environ une gorgée d'eau. Un tee-shirt en coton en consomme cent mille fois plus. L'eau du numérique est un enjeu local d'implantation, et c'est à ce niveau qu'elle se traite.
- 1 h d'IA générative, datacenter seul6 Wh≈ 0,5 charge de smartphone
- 1 charge complète de smartphone12 Whréférence
- 1 h d'IA générative, terminal inclus41 Wh≈ 3 charges
- 1 h de streaming vidéo HD77 Wh≈ 6 charges
- 1 h de jeu sur PC gaming405 Wh≈ 34 charges
- 1 cycle de lave-linge700 Wh≈ 58 charges
- 1 h de cuisson au four2 000 Wh≈ 167 charges
- 1 chauffe-eau, une journée5 000 Wh≈ 417 charges
Wh, échelle logarithmique : chaque graduation vaut dix fois la précédente.
Une heure d'IA générative côté datacenter équivaut à une ampoule LED allumée quarante-cinq minutes. Le terminal sur lequel vous la sollicitez consomme, lui, près de six fois plus pendant la même heure.
- 1 h d'IA générative, mix français0,25 gCO₂e≈ 1 m en voiture
- 1 h d'IA générative, mix mondial2,7 gCO₂e≈ 13 m en voiture
- 1 h de streaming vidéo HD36 gCO₂e≈ 168 m
- 1 h de jeu sur PC gaming180 gCO₂e≈ 840 m
- 1 h de cuisson au four890 gCO₂e≈ 4,2 km
- 10 km en voiture thermique2 140 gCO₂e10 km
- 1 tee-shirt en coton5 000 gCO₂e≈ 23 km
- 1 steak de bœuf de 100 g6 000 gCO₂e≈ 28 km
- Fabrication d'un smartphone50 000 gCO₂e≈ 234 km
- 1 aller-retour Paris-New York en avion1 000 000 gCO₂e≈ 4 670 km
gCO₂e, échelle logarithmique : chaque graduation vaut dix fois la précédente.
Facteur de conversion retenu pour la voiture : 214 gCO₂e par kilomètre, voiture thermique moyenne, amont carburant inclus et fabrication du véhicule exclue. Ces conversions sont pédagogiques : elles donnent une intuition d'échelle, et la mesure reste dans les tableaux.
Les trois leviers qui pèsent
- Garder ses appareils plus longtemps.Environ 80 % de l'impact d'un terminal est déjà joué à sa fabrication. Passer de deux à quatre ans d'usage divise cet impact par deux, à usages inchangés. (ADEME et ARCEP, Évaluation de l'impact environnemental du numérique en France, 2024.)
- Réduire la viande et les textiles neufs.Un steak de 100 g de bœuf pèse autant que 2 000 heures d'IA générative en CO₂. Un tee-shirt en coton, autant que 100 000 heures en eau. (Bases ADEME Agribalyse et Water Footprint Network, rapportées aux valeurs reconstruites de cette fiche.)
- Regarder ses déplacements.Dix kilomètres en voiture thermique équivalent à environ 800 heures d'IA générative.
Les gestes dont l'effet reste symbolique
- Nettoyer sa boîte de courriels.L'effet climatique est marginal et documenté comme tel : le stockage représente environ 0,5 % du cycle de vie d'un courriel. L'ADEME a réorienté ses recommandations en conséquence. (ADEME, 2025.)
- Renoncer à quelques requêtes.Économiser cent requêtes équivaut à sept mètres de voiture en moins.
- Ce qui produit un effet réel.Baisser la définition d'un streaming sur grand écran, ou éteindre le PC gaming : dans les deux cas, le terminal domine.
La formulation à retenir quand la question arrive
« Vous avez raison, cela consomme, et la croissance est le vrai sujet. Maintenant, une heure d'IA équivaut à treize mètres en voiture, et votre steak de ce midi à vingt-huit kilomètres. Si l'objectif est de réduire son impact, le levier se trouve ailleurs : là où on implante les datacenters, et pendant combien d'années on garde son matériel. »
Traçabilité
Sources et niveau de confiance
Chaque donnée de cette fiche porte son statut : établi, déclaratif, ou reconstruit ici. Le statut se conserve à la reprise.
| Donnée | Source primaire | Statut |
|---|---|---|
| 560 milliards de litres, 415 TWh, 180 Mt CO₂ pour les datacenters | AIE, Energy and AI, avril 2025 et mise à jour 2026 | Établi |
| Répartitions mondiales par secteur | FAO AQUASTAT, AIE, UNEP Emissions Gap Report 2025 | Établi |
| États-Unis, 176 TWh et 4,4 % de l'électricité nationale | Lawrence Berkeley National Laboratory, 2024 | Établi |
| France : raccordements, mix électrique, facteurs d'émission | ARCEP 2024, RTE Bilan prévisionnel 2025-2035, ADEME 2025 | Établi |
| 0,26 mL, 0,24 Wh, 0,03 gCO₂e par requête | Google, arXiv:2508.15734, août 2025 | Déclaratif, méthodologie publiée |
| 0,34 Wh par requête ChatGPT, 45 mL par requête Mistral | OpenAI, Mistral, 2025 | Déclaratif, non audité |
| Heure de streaming à 36 gCO₂ | AIE, correction de novembre 2020 | Établi, révision documentée |
| Bitcoin : 120 TWh, 40 Mt CO₂e, 2 237 milliards de litres | Cambridge CBECI 2025, de Vries 2024 | Établi, incertitude large |
| Ventilation par usage applicatif, conversions horaires | Reconstruction à partir des volumes sourcés (20 requêtes par heure) | Estimation raisonnée |
| Stress hydrique du parc américain, cas de The Dalles, entraînements de GPT‑3 et de BLOOM, PUE du parc mondial, part de l'énergie grise sur Jean Zay | Relevés publics repris de seconde main | Source primaire à reconfirmer avant réemploi hors de cette fiche |
Solidité de l’ensemble : 5 sur 7
Les totaux mondiaux et nationaux convergent entre l'AIE, le Berkeley Lab, la FAO, RTE et l'ADEME. Les ventilations par usage applicatif et les conversions horaires sont reconstruites, et signalées comme telles. Les chiffres par requête restent déclaratifs, et l'absence de volumes publiés interdit tout calcul agrégé fiable pour l'IA générative.